Oases - Alban Richard
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Création 2025

Quartet

Spectacles

Pour cette nou­velle créa­tion, Alban Richard se penche sur la for­mule du qua­tuor, addi­tion de quatre solistes dont les par­ti­tions coexistent. Cette auto­no­mie et cette jux­ta­po­si­tion, ce sont aus­si celles du DJ devant ses pla­tines, asso­ciant des musiques qui n’ont pas été pen­sées pour coexis­ter. Dans une créa­tion irri­guée par la vélo­ci­té et le dyna­misme du DJing, Alban Richard invite le DJ et pro­duc­teur Simo Cell pour tra­vailler au remix des paroles et des mou­ve­ments : reprendre, citer, col­ler, détour­ner, accé­lé­rer, ralen­tir, répé­ter, défor­mer en scratches, syn­co­per en micro-césures.
Des outils posés sur le corps et la voix des inter­prètes qui s’associent pour créer une esthé­tique du bégaie­ment et s’intéresser non pas au phra­sé mais à la boucle ou à la micro-boucle. En jeu, l’idée d’un corps très habi­té, tra­ver­sé par des états contraires, comme ceux des per­sonnes sous l’influence de la drogue qu’interviewe le pho­to­graphe amé­ri­cain Mark Lai­ta. Avec Quar­tet, Alban Richard envi­sage l’écriture cho­ré­gra­phique comme un tra­vail de mon­tage ciné­ma­to­gra­phique, gui­dé par les tech­niques de séquen­ce­ment et atten­tif aux ques­tions d’enchainements et de rup­tures tem­po­relles. Une œuvre ins­crite dans un temps indis­tinct mais trou­blé, où la scé­no­gra­phie s’inspire de la didas­ca­lie du Quar­tett d’Heiner Mül­ler (1980) : “Un salon d’avant la Révo­lu­tion fran­çaise. Un bun­ker d’après la troi­sième guerre mon­diale”.

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Distribution

Concept-cho­ré­gra­phie-com­po­si­tion
Alban Richard

Assis­tante chorégraphique
Daph­né Mauger

Musique
Simo Cell

Desi­gn sonore
Vanes­sa Court

Créa­tion et inter­pré­ta­tion en col­la­bo­ra­tion avec
Chi­hi­ro Ara­ki, Antho­ny Bar­re­ri, Zoé Lecorgne, Aure Wachter

Desi­gn Lumières et régie générale
Nico­las Bordes

Cos­tumes
Fan­ny Brouste

Coach vocal et anglais
Debo­rah Lennie

Direc­tion de production
Mathieu Hil­lé­reau – Les Indépendances

Pro­duc­tion délé­guée OASES
Pro­duc­tion centre cho­ré­gra­phique natio­nal de Caen en Normandie
Copro­duc­tions La Cité musicale-Metz

Presse

  • Coups d’Oeil le 11/12/2025

    (…) le cho­ré­graphe livre une pièce sin­gu­lière et exi­geante qui met la voix – et ses remix – au pre­mier plan.
    (…) En s’emparant des codes du qua­tuor musi­cal pour mieux les détour­ner, Alban Richard, le DJ Simo Cell et les inter­prètes trans­forment voix et corps en matière sonore.
    (…) La par­ti­tion orale est entiè­re­ment écrite, les motifs pré­cis, mais cha­cun glisse son iden­ti­té dans la moindre inflexion. Le cadre est rigou­reux, la marge d’improvisation ténue mais bien réelle, et c’est dans cette contrainte que sur­git une inten­si­té rare. Une œuvre cise­lée, à la pré­ci­sion presque vertigineuse.
    Les corps se vrillent, résonnent avec les sons tri­tu­rés et remixés en direct. Alban Richard pour­suit ici son explo­ra­tion du son, qu’il pousse encore plus loin. La voix finit par prendre le des­sus sur le mou­ve­ment, qu’elle guide, aimante et ordonne. Le résul­tat est puis­sant, hyp­no­tique, presque en ape­san­teur. Sur une ligne de crête proche de la transe, les quatre artistes – Chi­hi­ro Ara­ki, Antho­ny Bar­re­ri, Zoé Lecorgne et Aure Wach­ter – habitent l’espace, le sculptent. Vir­tuoses, ils semblent se désar­ti­cu­ler, deve­nir cyborgs, perdre leur huma­ni­té avant de la lais­ser réap­pa­raître, fra­gile, dans une der­nière ritour­nelle presque a cappella.
    Inclas­sable, Quar­tet offre à Alban Richard un adieu en forme de feu d’artifice, ten­du entre son et mouvement.

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  • La terrasse le 18/12/2025

    (…) Sur le mode rhap­so­dique, le cho­ré­graphe accom­pa­gné à la musique par Simo Cell jux­ta­pose, enche­vêtre des boucles de paroles et de mou­ve­ments à la manière d’un D.J. Pour ce faire, il s’est plon­gé dans le pro­jet Soft White Under­bel­ly que mène Mar­ka Lai­ta, don­nant la parole aux oubliés de Los Angeles (per­sonnes dro­guées, sdf, tra­vailleurs du sexe…). Repre­nant cer­tains de leurs dires comme la mul­ti­pli­ci­té des états et émo­tions qu’ils tra­versent lors de ces entre­tiens, Alban Richard en fait la matière d’une pièce tech­no et expé­ri­men­tale où se déploie notre Ultra­mo­derne solitude.
    (…) Trois dan­seuses et un dan­seur aux cos­tumes spor­tifs et bario­lés prennent pos­ses­sion d’un pla­teau tota­le­ment nu. D’abord pos­tés der­rière quatre pupitres, ils égrènent leurs man­tras face à leurs congé­nères. « Acting is reac­ting », « I don’t know », « You know what I mean », « To love is to suf­fer », « You’re so hot », « Don’t judge a book by its cover ». Autant de phrases qui répé­tées, hachées, reprises, hoque­tées, scrat­chées, sam­plées, deviennent rythme, mélo­die, refrain, tan­dis que, pupitres remi­sés, nos inter­prètes naviguent sur l’ensemble de la scène dans un chaos orga­ni­sé. Il et elles marchent, courent, forment des rondes plus ou moins ser­rées, inter­pellent leurs sem­blables et nous nous lais­sons séduire et empor­ter par leurs per­for­mances vocales. Il et elles accé­lèrent, gri­macent, se tordent, por­tés par une cer­taine urgence, s’affaissent, se dis­loquent en même temps que leurs élo­cu­tions. Avant de retrou­ver une har­mo­nie finale qui marque la fin de ce voyage au pays du jaillis­se­ment des voix et des affects.

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Collaborateurs artistiques